Culture

Soupçons d'achat de votes et d'ingérence russe dans la campagne en Hongrie

À deux semaines des élections du 12 avril, un documentaire dénonce un réseau présumé d'achat de votes par le Fidesz, tandis que VSquare révèle la présence à Budapest de trois agents russes.

R
Redakcia
3 min de lecture
Partager
Soupçons d'achat de votes et d'ingérence russe dans la campagne en Hongrie

Un documentaire secoue la campagne

À deux semaines des élections législatives du 12 avril 2026, le documentaire « Le prix du vote » a fait irruption dans la vie politique hongroise. Réalisé par le collectif De! Akcióközösség, le film, basé sur près de 60 entretiens, expose le système présumé d'achat de votes du Fidesz dans les régions les plus pauvres du nord et de l'est de la Hongrie.

Selon le documentaire, signé par Áron Tímár, Csanád Buczó et Ádám Tompos, le système part des députés et atteint les électeurs par l'intermédiaire des maires locaux, des dealers de drogue et des coordinateurs. En échange des votes, 10 000 à 20 000 forints en espèces, des colis alimentaires, du bois de chauffage et même des drogues de synthèse sont proposés, comme le rapporte 444.hu.

Le film révèle que les organisateurs reçoivent jusqu'à 70 000 forints, tandis que les coordinateurs principaux touchent des sommes se chiffrant en millions, avec un cas signalé de 12 millions de forints. Le collectif estime que le système pourrait concerner jusqu'à 500 000 votes.

Agents russes à Budapest

Parallèlement au scandale de l'achat de votes, le site d'investigation VSquare a révélé que trois agents russes liés au GRU travaillent à Budapest pour influencer les élections. Selon des sources européennes de sécurité nationale, l'équipe opère sous couverture de passeports diplomatiques, au sein de l'ambassade de Russie.

L'opération est dirigée par Sergueï Kirienko, premier adjoint de l'administration présidentielle de Poutine, avec la même méthodologie que celle utilisée précédemment lors des élections en Moldavie. Selon le Washington Post, les services de renseignement russes ont même envisagé d'organiser une tentative d'assassinat contre Orbán afin d'influencer les résultats des élections.

La réaction du gouvernement hongrois à ces révélations a été particulière : il a accusé d'espionnage Szabolcs Pányi, journaliste de VSquare et Direkt36, qui a couvert l'ingérence russe, a annoncé la Fédération européenne des journalistes.

Incertitude sans précédent dans les sondages

Ces scandales éclatent à un moment déjà difficile pour le Fidesz. Selon Euronews, les sondages d'opinion présentent une dispersion extraordinaire : Medián mesure une avance de 20 points pour le parti Tisza parmi les électeurs certains, tandis que l'institut Nézőpont indique une avance de 6 points pour le Fidesz.

Selon une analyse de Bloomberg, les principales raisons de la perte de popularité du Fidesz sont la stagnation économique, la crise du coût de la vie et le mécontentement croissant face à la politique pro-russe du gouvernement Orbán. Le parti Tisza de Péter Magyar est particulièrement fort parmi ceux qui sont exaspérés par la corruption et la détérioration du niveau de vie.

Que peut-on attendre le 12 avril ?

Les réalisateurs du documentaire ont commencé à recruter des observateurs bénévoles pour les bureaux de vote les plus à risque. L'enjeu est historique : si les accusations sont avérées, cela signifierait une grave atteinte à l'intégrité du système électoral hongrois, quel que soit le vainqueur des élections.

Cet article est également disponible dans d'autres langues :

Articles connexes