Économie

La Pologne prolonge les contrôles à ses frontières avec l'Allemagne et la Lituanie

Le ministère de l'Intérieur a prolongé les contrôles frontaliers temporaires avec l'Allemagne et la Lituanie jusqu'au 4 avril 2026, en réponse à la pression migratoire sur la route baltique. Ces contrôles ont concerné plus de 2 millions de voyageurs depuis leur introduction.

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Redakcia
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La Pologne prolonge les contrôles à ses frontières avec l'Allemagne et la Lituanie

Contrôles prolongés de six mois

La Pologne a une fois de plus prolongé les contrôles temporaires à ses frontières intérieures de l'espace Schengen, sur les sections avec l'Allemagne et la Lituanie. Un nouveau décret du ministère de l'Intérieur et de l'Administration prolonge la validité des contrôles jusqu'au 4 avril 2026. Initialement mis en place le 7 juillet 2025 pour une période de 30 jours, les contrôles ont été prolongés à plusieurs reprises et deviennent de facto un élément permanent de la politique de sécurité polonaise.

La route baltique sous surveillance

Cette décision est une réponse directe à l'activité des réseaux organisés de passeurs opérant le long de ce qu'on appelle le couloir migratoire Baltique–Pologne–Europe occidentale. Le ministre de l'Intérieur, Marcin Kierwiński, a justifié la décision sans détour :

Nous prolongeons les contrôles afin de surveiller plus efficacement la route migratoire qui mène des pays baltes, en passant par la Pologne, vers l'Europe occidentale.

Selon les données des gardes-frontières, près de 25 000 tentatives de franchissement illégal de la frontière polono-biélorusse ont été recensées au cours des huit premiers mois de 2025. À la frontière avec la Lituanie, 478 franchissements illégaux ont été enregistrés, et sur la section allemande, 247 arrestations liées à cette même route.

L'ampleur de l'opération

Les contrôles sont effectués dans 50 points à la frontière polono-allemande et dans 13 points à la frontière avec la Lituanie, y compris sur les sections dites de frontière verte, dans les forêts et les zones boisées. Depuis la mise en place des contrôles en juillet 2025, les agents ont contrôlé plus de 2,1 millions de voyageurs et plus d'un million de véhicules. Près de 40 personnes soupçonnées de participation à des réseaux de passeurs ont été arrêtées à la suite de ces opérations.

Des agents des gardes-frontières, de la police et des militaires autorisés à arrêter et à contrôler les véhicules participent aux opérations.

Une tendance européenne

La Pologne n'est pas seule dans ses actions. Selon les données de mars 2025, pas moins de 10 pays de l'espace Schengen, dont l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la France, l'Italie et les Pays-Bas, ont rétabli les contrôles à leurs frontières intérieures. De plus, l'Allemagne elle-même maintient des contrôles à la frontière avec la Pologne depuis octobre 2023, refusant d'accueillir les migrants qui tentent de transiter par le territoire polonais.

La base juridique de ces actions est le Règlement UE 2016/399 (Code frontières Schengen), dont l'article 25 bis permet aux États membres de rétablir les contrôles en cas de « menace grave, imprévisible et immédiate pour l'ordre public ou la sécurité intérieure ».

Conséquences pour les voyageurs

Pour les conducteurs polonais, les entreprises de transport et les voyageurs, cela signifie de nouveaux retards aux points de passage frontaliers, en particulier sur les principaux axes de transit reliant la Pologne à l'Allemagne et aux pays baltes. Le ministère assure que les contrôles sont effectués de manière « proportionnée et sélective » afin de minimiser l'impact sur la liberté de circulation des citoyens de l'UE. Néanmoins, les critiques croissantes de la part du secteur de la logistique et des défenseurs des libertés civiles indiquent que la frontière entre le caractère temporaire et la permanence de ces mesures devient de plus en plus floue.

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