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JD Vance à Budapest : un soutien américain à Orbán en pleine campagne électorale

Le vice-président américain JD Vance est arrivé à Budapest pour une visite de deux jours, à cinq jours des élections législatives du 12 avril, affichant ouvertement son soutien au gouvernement de Viktor Orbán face à une opposition en tête dans les sondages.

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Redakcia
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JD Vance à Budapest : un soutien américain à Orbán en pleine campagne électorale

L'arrivée du vice-président

JD Vance, vice-président américain, est arrivé à Budapest le 7 avril pour une visite officielle de deux jours, à seulement cinq jours des élections législatives hongroises du 12 avril. Vance est le plus haut responsable américain à se rendre en Hongrie depuis la visite de George W. Bush en 2006. Le vice-président est accompagné de son épouse, Usha Vance.

Au programme, Vance aura des entretiens bilatéraux avec le Premier ministre Viktor Orbán et prononcera un discours sur le « riche partenariat » entre les États-Unis et la Hongrie. Les deux hommes politiques participeront également à un événement commun au MTK Sportpark, annoncé sous le titre de « Journée de l'amitié hungaro-américaine ».

Dernière ligne droite de la campagne électorale

Le timing de cette visite n'est pas un hasard. La Hongrie organise des élections législatives le 12 avril, qui représentent le plus grand défi pour les 16 années de pouvoir de Viktor Orbán. Selon les sondages, le parti TISZA de Péter Magyar devance le Fidesz de 8 à 20 points de pourcentage parmi les électeurs certains. Selon un sondage PolitPro, TISZA est à 48,7 %, tandis que le Fidesz-KDNP est à 40,8 %.

Péter Magyar, ancien responsable proche du Fidesz, a rompu avec le parti au pouvoir en 2024 à la suite d'un scandale de protection de l'enfance et a depuis construit sa campagne autour de la lutte contre la corruption et de la récupération des fonds européens. La stratégie de Viktor Orbán, quant à elle, repose sur les risques de la guerre en Ukraine et la stabilité économique.

Trump et Poutine derrière Orbán

L'administration Trump soutient ouvertement la réélection de Viktor Orbán. Donald Trump a déclaré dès février : « J'ai fièrement soutenu Viktor lors des élections de 2022, et c'est un honneur pour moi de pouvoir le faire à nouveau. » Le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio s'est également rendu à Budapest en février, où il a signé un accord de coopération nucléaire entre les deux pays.

Selon le Washington Post, Trump et Vladimir Poutine soutiennent tous deux Orbán dans les derniers jours des élections. Une analyse du CSIS souligne que la Hongrie est devenue le plus proche allié de la Chine au sein de l'UE et qu'elle dépend à 92 % du pétrole russe, ce qui rend le pays particulièrement vulnérable d'un point de vue géopolitique.

Critiques et doutes

La visite suscite des réactions mitigées au niveau international. Kim Lane Scheppele, professeur de sociologie à l'université de Princeton, a exprimé ses doutes quant à l'impact de la visite dans une interview accordée à Al Jazeera : « Une simple visite d'un vice-président américain relativement peu connu ne changera pas » l'avance dans les sondages, a-t-elle fait remarquer. Elle a toutefois ajouté que des promesses financières concrètes de la part de Washington pourraient avoir un impact plus important que les gestes symboliques.

Selon l'opposition et les observateurs internationaux, la visite constitue une ingérence directe dans le processus électoral d'un pays souverain. Freedom House qualifie la Hongrie de « régime hybride », tandis que l'Institut V-Dem la qualifie d'« autocratie électorale » depuis 2018, le premier État membre de l'UE à recevoir une telle classification.

Quels sont les enjeux ?

Le vote du 12 avril n'est pas seulement une question de politique intérieure hongroise. Selon une analyse du CSIS, l'issue de l'élection pourrait être déterminante pour l'unité de l'UE face à la Russie, l'avenir du soutien à l'Ukraine et l'évolution des relations euro-américaines. Si Péter Magyar gagne, cela pourrait fondamentalement changer l'orientation géopolitique de la Hongrie. Si Orbán reste, Washington et Moscou seront tous deux satisfaits.

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