Élections régionales de 2026 en Bade-Wurtemberg : Course serrée entre la CDU et les Verts
À quatre jours des élections régionales du 8 mars 2026 en Bade-Wurtemberg, la CDU et les Verts se livrent une bataille historiquement serrée : selon les derniers sondages, les deux partis ne sont séparés que d'un à deux points de pourcentage, et environ un tiers des électeurs sont encore indécis.
Tension avant le scrutin
Le dimanche 8 mars 2026, le Bade-Wurtemberg élira un nouveau parlement régional, et la situation de départ est plus ouverte que jamais. Après 15 ans, l'ère de Winfried Kretschmann, le seul ministre-président Vert de l'histoire de la République fédérale, prend fin. Environ 7,7 millions de citoyens sont électeurs, dont pour la première fois les jeunes de 16 et 17 ans, soit environ 180 000 nouveaux primo-votants qui pourraient faire pencher la balance.
Hagel contre Özdemir : Un duel inégal
Du côté de la CDU, Manuel Hagel, 37 ans et président régional de son parti depuis 2023, se présente. S'il remporte la victoire, Hagel serait le plus jeune ministre-président de l'histoire du Bade-Wurtemberg. Son objectif : ramener la CDU à la tête de la région après 15 ans dans l'opposition. En face, Cem Özdemir, ancien ministre fédéral de l'Agriculture des Verts et figure connue dans tout le pays, souhaite reprendre l'héritage de Kretschmann.
La comparaison directe est clairement à l'avantage d'Özdemir : 47 % des personnes interrogées préféreraient le voir comme ministre-président, tandis que le candidat de la CDU, Hagel, n'obtient que 25 % selon le Politbaromètre de la ZDF. Cette popularité personnelle du candidat Vert rend la situation extrêmement délicate pour la CDU, malgré une légère avance dans les intentions de vote pour le parti.
Une remontée spectaculaire
En octobre 2025, la CDU devançait encore les Verts d'environ neuf points de pourcentage dans les sondages, une avance confortable qui s'est considérablement réduite depuis. Les dernières enquêtes d'Infratest dimap donnent la CDU entre 28 et 29 % et les Verts à 27 %, soit un écart de seulement un à deux points de pourcentage, qui se situe dans la marge d'erreur statistique. Le Politbaromètre de la ZDF du 27 février indique 27 % pour la CDU et 25 % pour les Verts, avec un tiers des électeurs encore indécis.
Derrière, l'AfD obtient 19 %, le SPD 9 %, le FDP et Die Linke se situent chacun autour de 6 %. Par rapport aux élections de 2021, les Verts ont considérablement perdu du terrain, puisqu'ils avaient alors obtenu leur résultat record de 32,6 %. La CDU, en revanche, se remet fortement de son plus bas historique de 24,1 % il y a cinq ans.
Un premier test pour Merz
L'élection du 8 mars est considérée comme le premier scrutin national depuis la formation du nouveau gouvernement fédéral sous la direction de Friedrich Merz, et donc comme un indicateur précoce de la nouvelle politique berlinoise. La CDU espère un effet d'entraînement positif de Berlin, tandis que les Verts veulent prouver qu'ils restent forts sur le terrain malgré les pertes au niveau national. Les politologues appellent toutefois à la prudence : les élections régionales se décident avant tout sur des thèmes et des personnalités régionales.
La crise économique domine la campagne électorale : rien que dans la construction mécanique, environ 7 600 emplois ont été perdus en 2025. Par ailleurs, les débats sur la migration, l'éducation et la sécurité intérieure marquent la dernière ligne droite, des thèmes sur lesquels la CDU et l'AfD misent pour obtenir l'adhésion, tandis que les Verts insistent sur la protection du climat et la cohésion sociale.
Coalition et perspectives
Selon la Centrale fédérale pour l'éducation politique, l'option gouvernementale la plus probable reste une nouvelle édition de la coalition Vert-Noir, mais avec des rôles potentiellement inversés au niveau du poste de ministre-président. Celui qui mènera les négociations en tant que plus fort dimanche soir se décidera au cours de cette nuit. Les électeurs indécis devraient influencer de manière significative le résultat, et donc également le coup d'envoi politique de la nouvelle ère après Kretschmann.