Le Mexique active le Plan Kukulkán à 95 jours de la Coupe du Monde
Le Mexique a lancé le Plan Kukulkán, le plus grand dispositif de sécurité de l'histoire du football mexicain, avec près de 100 000 agents pour sécuriser les sites de la Coupe du Monde 2026 à Mexico, Guadalajara et Monterrey, dans un contexte de pression internationale et de violence liée aux cartels.
Un bouclier historique pour le tournoi le plus attendu
Le gouvernement de la présidente Claudia Sheinbaum a confirmé le déploiement de près de 100 000 agents de sécurité – militaires, policiers fédéraux et d'État – pour sécuriser les sites de la Coupe du Monde FIFA 2026 à Mexico, Guadalajara et Monterrey. L'opération, baptisée Plan Kukulkán en l'honneur du serpent à plumes de la mythologie maya, constitue le plus grand dispositif de sécurité de l'histoire du football mexicain, à 95 jours du début du tournoi.
Trois forces opérationnelles, une seule stratégie
Le secrétaire à la Sécurité et à la Protection des citoyens, Omar García Harfuch, a présenté une opération impliquant plus de 20 agences des trois niveaux de gouvernement. La force déployée est structurée en trois groupes de travail conjoints, un par site : 20 000 membres des forces armées – principalement de la Garde nationale – et 55 000 agents du Secrétariat à la Sécurité publique, complétés par du personnel de sécurité privée.
Le dispositif comprend 2 100 véhicules militaires, 738 véhicules civils d'escorte, 24 aéronefs, des systèmes inhibiteurs de drones et 188 binômes canins spécialisés dans la détection d'explosifs et de stupéfiants. Un centre de cybersécurité surveillera les communications et les infrastructures numériques pendant toute la durée du tournoi. Le Mexique accueillera 13 des 104 matchs du championnat.
Le contexte : violence des cartels et pression de Trump
L'annonce intervient à un moment particulièrement délicat. En février, les forces fédérales mexicaines ont abattu Nemesio "El Mencho" Oseguera, chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), dont la base opérationnelle se trouve précisément à Guadalajara, ville qui accueillera quatre matchs du tournoi. L'opération a réduit la menace immédiate, mais l'insécurité reste la principale préoccupation de la communauté internationale.
L'ombre du président des États-Unis, Donald Trump, plane sur l'opération. Washington a lié sa coopération en matière de sécurité frontalière aux résultats que le Mexique obtiendra en matière d'ordre public pendant le championnat, et les menaces tarifaires sont devenues le principal mécanisme de pression. Pour répondre à ce défi, le Mexique, les États-Unis et le Canada ont créé un Centre de coordination trinationale chargé de l'échange de renseignements, de la planification opérationnelle et de la gestion des risques en temps réel.
L'attrait sportif : les adieux de Cristiano Ronaldo
Au-delà de la sécurité, le tournoi promet un grand attrait médiatique. Cristiano Ronaldo, qui aura 41 ans pendant la compétition, a confirmé que la Coupe du Monde 2026 sera "définitivement" sa dernière. "J'aurai 41 ans et je pense que ce sera le moment de la grande compétition", a déclaré la star portugaise. Sa participation à la sixième Coupe du Monde de sa carrière – avec le record d'avoir marqué dans cinq éditions différentes – ajoute une dimension historique à un tournoi qui génère déjà une attente mondiale.
Un enjeu d'État
Le succès du Plan Kukulkán déterminera non seulement l'expérience des millions de supporters qui visiteront le Mexique, mais aussi l'image internationale du pays à un moment de forte tension diplomatique avec Washington. Plus qu'un simple dispositif policier, l'opération est une démonstration de capacité institutionnelle face au monde – et face à la pression d'un voisin qui n'a cessé de rappeler au Mexique ce qui est en jeu.