Zelensky invite Fico à Kiev pour discuter de l'oléoduc Droujba
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a invité le Premier ministre slovaque Robert Fico à Kiev pour discuter de la reprise de l'oléoduc Droujba, interrompu fin janvier à la suite d'une frappe de drone russe. Ce conflit affecte directement la Hongrie : Budapest a bloqué le plan d'aide de l'UE à l'Ukraine de 90 milliards d'euros, et l'approvisionnement de la raffinerie de Százhalombatta est devenu une question stratégique.
Zelensky invite Fico à des négociations
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est entretenu par téléphone avec le Premier ministre slovaque Robert Fico le 27 février et l'a invité à Kiev – les dates proposées étant les 6 ou 9 mars – pour discuter de la situation de l'oléoduc Droujba et de toutes les questions relatives à la coopération ukraino-slovaque. Fico a accepté l'invitation et a chargé les services compétents du gouvernement de convenir de la date exacte de la réunion.
Comment l'oléoduc Droujba a-t-il été interrompu ?
La branche sud de l'oléoduc Droujba a cessé ses livraisons le 27 janvier, après que l'Ukraine a annoncé que l'infrastructure située près de Brody, dans l'ouest de l'Ukraine, avait été attaquée par des drones russes. Moscou nie toute implication ; Budapest et Bratislava affirment que la partie ukrainienne retarde intentionnellement la restauration. Selon Fico, l'arrêt n'est pas le résultat d'une décision technique, mais politique, et Kiev n'est en réalité pas intéressé par une reprise rapide du transit.
L'Ukraine refuse une inspection sur place
Après l'entretien téléphonique, Fico a publiquement indiqué qu'il n'était pas satisfait de la discussion. La partie ukrainienne a refusé une inspection sur place par un groupe d'experts indépendants, invoquant l'opposition des services secrets ukrainiens. Fico a déclaré que ni l'ambassadeur slovaque, ni l'ambassadeur de l'UE n'avaient été autorisés à effectuer une inspection sur place. Gulyás Gergely, ministre du cabinet du Premier ministre hongrois, a toutefois déclaré que, d'après les informations dont dispose la Hongrie, il n'y a aucun obstacle technique à la reprise de l'oléoduc Droujba.
Un enjeu stratégique pour la Hongrie
L'oléoduc Droujba est essentiel à l'approvisionnement énergétique de la Hongrie : près de 90 % des importations de pétrole du pays transitent par ce pipeline. La raffinerie MOL de Százhalombatta est optimisée pour le pétrole brut de type russe Oural – le passage à des sources de pétrole alternatives représente non seulement un défi logistique, mais aussi un défi technologique et économique majeur.
Viktor Orbán a qualifié la mesure ukrainienne de « blocus pétrolier » et a fait sécuriser par des forces militaires les infrastructures énergétiques critiques du pays. Budapest a également gelé l'approbation du plan d'aide de l'UE à l'Ukraine de 90 milliards d'euros tant que les livraisons de pétrole ne reprennent pas – ce qui provoque également de fortes tensions dans les négociations de financement entre l'UE et l'Ukraine.
Représailles et tentative de médiation de l'UE
Fico a annoncé que la Slovaquie allait cesser de fournir une électricité d'urgence pour stabiliser le réseau électrique ukrainien, qu'il a qualifiée de « mesure de réciprocité ». Les deux pays ont également suspendu leurs exportations de diesel vers l'Ukraine. La Commission européenne a appelé Kiev à accélérer les réparations et a proposé, à titre de solution transitoire, le transport via l'oléoduc croate Adria.
La réunion de mars à Kiev – si elle a lieu – offre une occasion décisive aux parties de parvenir à un compromis sur la reprise du transit. L'enjeu n'est pas seulement énergétique : le conflit autour de l'oléoduc Droujba a également exacerbé les lignes de fracture politiques au sein de l'UE et jette une longue ombre sur l'avenir des relations entre l'Ukraine et l'UE.