Jour 8 : Téhéran bombardée, Hormuz fermée, le pétrole à 91 dollars
Les forces américaines et israéliennes ont frappé Téhéran avec leur bombardement le plus intense à ce jour, au huitième jour de la guerre contre l'Iran, tandis que la fermeture du détroit d'Hormuz a fait grimper les prix du pétrole et menace de plonger les économies européennes dans une nouvelle crise énergétique.
Téhéran sous un déluge de feu sans précédent
Au huitième jour de la campagne américano-israélienne contre l'Iran, la capitale, Téhéran, a subi sa nuit de frappes la plus intense depuis le début du conflit, le 28 février. Des bombardiers furtifs américains B-2 ont largué des dizaines de bombes anti-bunker sur des lanceurs de missiles balistiques profondément enfouis, tandis que des avions israéliens ont frappé ce que Tsahal a décrit comme des « infrastructures du régime » dans une « nouvelle phase » de la guerre, selon Haaretz.
Un correspondant d'Al Jazeera dans la ville a décrit le bombardement comme plus intense que toutes les nuits précédentes, des bâtiments résidentiels, des parkings et des stations-service figurant parmi les sites touchés. Le gouvernement iranien a déclaré que les forces américaines et israéliennes avaient frappé plus de 3 600 sites civils depuis le début des hostilités. Le nombre total de morts a maintenant dépassé 1 332, dont au moins 181 enfants, selon les chiffres cités par l'UNICEF et suivis par Al Jazeera. Une école primaire de la place Niloufar à Téhéran figure parmi les derniers sites touchés.
Le détroit qui fait bouger le monde
Le développement économique le plus important du conflit est survenu lorsque l'Iran a officiellement fermé le détroit d'Hormuz à la navigation commerciale et a menacé d'attaquer tout navire tentant de le traverser. Cette voie navigable étroite transporte environ 20 % des exportations mondiales de pétrole et des volumes importants de gaz naturel liquéfié. Le trafic de pétroliers a chuté d'environ 70 % quelques heures après l'annonce, avec plus de 150 navires ancrés à l'extérieur du détroit – et le trafic a finalement chuté à près de zéro, selon Kpler.
Le Brent a grimpé à 91 dollars le baril – son niveau le plus élevé depuis 2023 – alors que les traders ont intégré le choc de l'offre. Le pétrole brut américain a également fortement augmenté. Bloomberg a rapporté que les prix avaient augmenté de plus de 10 % depuis le début des frappes, les analystes avertissant qu'une fermeture prolongée pourrait faire dépasser au Brent la barre des 100 dollars.
La vulnérabilité énergétique de l'Europe
Les répercussions ont frappé l'Europe avec une sévérité particulière. Les contrats à terme sur le gaz naturel TTF néerlandais – le prix de référence du continent – ont grimpé à 50 € par mégawattheure, un bond de 60 % depuis la fermeture d'Hormuz, selon Euronews. Cette flambée est le choc énergétique le plus brutal que l'Europe ait subi depuis la crise de 2022 déclenchée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie – et elle survient à un moment de fragilité particulière, les stocks de gaz sur le continent étant à leurs niveaux saisonniers les plus bas depuis des années.
Oxford Economics estime que la crise amputera la croissance du PIB de la zone euro de 0,1 point de pourcentage cette année, la ramenant à environ 1 %, tout en ajoutant 0,3 à 0,5 point de pourcentage à l'inflation globale. Dans un scénario de forte baisse – une fermeture prolongée d'Hormuz combinée à une escalade régionale plus large – l'inflation pourrait grimper jusqu'à 3,6 points de pourcentage, a averti le cabinet de conseil.
Trump : Pas de négociations sans capitulation
Sur le front diplomatique, la voie vers un cessez-le-feu reste totalement bloquée. Le président Donald Trump, dans des remarques rapportées par NPR, a catégoriquement rejeté toute négociation avec Téhéran à moins que l'Iran n'accepte une « reddition sans condition ». Cette position laisse peu de place à la diplomatie parallèle, alors même que le Secrétaire général de l'ONU et plusieurs dirigeants européens ont appelé à un arrêt immédiat des hostilités.
L'Iran, de son côté, a poursuivi ses tirs de missiles contre des villes israéliennes et des bases militaires américaines dans le Golfe, notamment aux Émirats arabes unis, au Qatar et à Bahreïn. Le CGRI a également juré de couler tout navire de guerre qui tenterait d'escorter des pétroliers commerciaux à travers le détroit.
Une crise sans plafond pour l'instant
Sans cessez-le-feu en vue et le détroit d'Hormuz fermé à la navigation, les marchés et les gouvernements testent désormais des scénarios catastrophes. Le service énergie de NPR a noté que les réserves stratégiques de pétrole aux États-Unis et dans les pays alliés pourraient compenser une partie du déficit à court terme – mais pas indéfiniment. Chaque jour supplémentaire de fermeture resserre l'étau sur une économie mondiale déjà sous tension.