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Les pourparlers de paix ukrainiens se dirigent vers Abou Dhabi, la date limite de juin se profilant

Le président Zelensky a annoncé que le prochain cycle de négociations avec la Russie, sous l'égide des États-Unis, se tiendrait probablement à Abou Dhabi début mars, alors même que la date limite de juin fixée par l'administration Trump pour mettre fin à la guerre intensifie la pression sur les deux parties.

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Redakcia
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Les pourparlers de paix ukrainiens se dirigent vers Abou Dhabi, la date limite de juin se profilant

Des pourparlers en mars, signe d'une dynamique fragile

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé jeudi que le prochain cycle de négociations de paix avec la Russie, sous l'égide des États-Unis, se tiendrait vraisemblablement à Abou Dhabi début mars, signalant la poursuite d'un processus diplomatique, certes fragile, alors même que des missiles et des drones continuaient de s'abattre sur les villes ukrainiennes pendant la nuit.

Cette annonce fait suite à une session de travail entre de hauts responsables américains et ukrainiens à l'Hôtel des Bergues à Genève, où les négociateurs ont déclaré avoir produit un document conjoint sur la reconstruction de l'Ukraine après la guerre et "convenu de positions qui serviront de base à d'autres accords", selon le négociateur ukrainien Rustem Umerov, comme le rapporte Al Jazeera.

Le compte à rebours de juin est lancé

Cette urgence est motivée par une date limite fixée par Washington. L'administration Trump a fait savoir à Kiev et à Moscou qu'elle s'attendait à ce que la guerre, qui en est à sa cinquième année, soit résolue d'ici le début de l'été. Zelensky a confirmé publiquement ce calendrier début février, en déclarant : "Les Américains proposent que les parties mettent fin à la guerre d'ici le début de cet été", selon NPR.

Cette date limite a insufflé une nouvelle urgence à un processus qui, jusqu'à présent, a produit des résultats modestes mais réels : deux cycles de pourparlers trilatéraux à Abou Dhabi ont permis des échanges de prisonniers de guerre - des centaines d'Ukrainiens sont rentrés chez eux - et un accord historique pour que les États-Unis et la Russie rétablissent un dialogue militaire de haut niveau, un canal qui était resté inactif depuis l'invasion à grande échelle de la Russie en 2022.

Garanties de sécurité : le principal point de blocage

Malgré les progrès graduels, des désaccords fondamentaux subsistent. La question la plus épineuse est celle des garanties de sécurité pour l'Ukraine : quelle dissuasion crédible Kiev peut-elle obtenir pour empêcher la Russie d'utiliser un cessez-le-feu pour se regrouper et frapper à nouveau ?

Le Royaume-Uni, la France et les États-Unis ont manifesté leur volonté de déployer des troupes en tant que garants en temps de paix. Mais la Russie rejette catégoriquement toute présence militaire étrangère sur le territoire ukrainien, une condition qui, selon Zelensky dans une interview à PBS NewsHour, reflète l'intention de Poutine de garder ouvertes de futures options d'attaque.

Il existe également un différend sur le séquençage : Washington souhaite que tous les éléments d'un accord de paix soient signés simultanément, tandis que Kiev insiste pour que les garanties de sécurité soient verrouillées avant que toute concession territoriale ou politique ne soit finalisée.

Le territoire reste non résolu

La question territoriale est tout aussi insoluble. La Russie exige la reconnaissance formelle de son contrôle sur le cœur industriel du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, une condition que Kiev a déclaré qu'elle n'accepterait jamais inconditionnellement. L'Ukraine, à son tour, souhaite le retour d'environ 7 000 prisonniers de guerre et la surveillance du cessez-le-feu comme conditions préalables à tout règlement plus large.

Zelensky a également appelé à un sommet direct au niveau des dirigeants avec Vladimir Poutine pour sortir de l'impasse sur les questions les plus sensibles, bien qu'aucune réunion de ce type n'ait été programmée.

La guerre continue

Cette activité diplomatique se déroule dans un contexte de guerre incessante. Dans la nuit du 26 au 27 février, la Russie a lancé 39 missiles et 420 drones à travers l'Ukraine, blessant au moins 25 personnes, ce qui rappelle que le chemin des négociations à la paix reste long et que la date limite de juin est au mieux ambitieuse.

La question de savoir si le troisième cycle d'Abou Dhabi peut combler le fossé entre les exigences territoriales maximalistes de Moscou et les impératifs de sécurité de Kiev sera le test décisif pour savoir si la pression américaine seule est suffisante pour mettre fin à la plus grande guerre terrestre en Europe depuis 1945.

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