Orbán relève le niveau d'alerte terroriste en raison de la guerre en Iran
Le gouvernement hongrois a relevé d'un cran le niveau de menace terroriste dans le pays après les frappes américaines et israéliennes en Iran. Selon Viktor Orbán, le risque d'attentats terroristes pourrait augmenter en Europe, mais la Hongrie se trouve dans une situation plus favorable. Le conflit représente également une menace sérieuse pour la sécurité énergétique.
Un état de préparation relevé d'un cran
Le 28 février, après une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité nationale, le gouvernement hongrois a annoncé qu'il relevait d'un cran le niveau de préparation à la menace terroriste. Cette mesure a été directement déclenchée par les frappes militaires conjointes des États-Unis et d'Israël en Iran, au cours desquelles, selon les informations de la presse, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, aurait trouvé la mort.
Le Premier ministre Viktor Orbán a informé le public de cette décision dans un message vidéo. « Nous avons relevé d'un cran le niveau de préparation à la menace terroriste », a-t-il déclaré, ajoutant que cette mesure était sans précédent dans le système en vigueur en Hongrie depuis 2016, le pays étant resté au niveau moyen, le niveau trois, pendant de nombreuses années auparavant.
Orbán : La Hongrie est dans une situation plus favorable
Selon le Premier ministre, le risque d'attentats terroristes pourrait augmenter dans toute l'Europe, en particulier dans les pays occidentaux dotés d'importantes communautés immigrées. Il a déclaré que les organisations terroristes du Moyen-Orient s'étaient renforcées en Europe occidentale ces dernières années et qu'il existait un risque réel que ces cellules s'activent en raison du conflit iranien.
Orbán a toutefois souligné que « la Hongrie est dans une situation plus favorable », faisant référence au fait que la politique migratoire stricte du pays réduit le risque d'afflux de personnes radicalisées. Les analystes ont également souligné que l'annonce d'une menace accrue pourrait également être politiquement avantageuse pour le gouvernement à l'approche des élections, le discours sécuritaire renforçant le message traditionnel du Fidesz.
TEK : contrôles renforcés dans les aéroports et les ambassades
Le chef du bureau du directeur général du Centre de lutte contre le terrorisme (TEK) a déclaré que le niveau de préparation accru vise à assurer une mise en œuvre plus efficace des mesures préventives. La police a renforcé la sécurité de l'aéroport international Liszt Ferenc, a intensifié les contrôles des ambassades étrangères, des bâtiments gouvernementaux et des nœuds de transport en commun. Les autorités accordent également une attention particulière aux institutions religieuses et aux écoles.
Risque pour la sécurité énergétique : dans l'ombre du détroit d'Ormuz
Outre la menace terroriste, Viktor Orbán a désigné la sécurité énergétique comme l'autre défi majeur. L'Iran est l'un des plus grands producteurs de pétrole au monde, et les Gardiens de la révolution iraniens ont menacé de fermer le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du commerce maritime mondial de pétrole, soit environ 20 millions de barils de pétrole par jour.
Selon les analyses d'Al Jazeera et de NPR, les prix du pétrole ont immédiatement bondi d'environ 8 % au début du conflit, et les prix du gaz en Europe ont augmenté de près de 20 %. Selon le ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó, la Hongrie est en mesure de se protéger des pires scénarios grâce à sa politique énergétique indépendante. Orbán a également réitéré son appel à l'autorisation du transit de pétrole russe par l'Ukraine.
Instabilité régionale, conséquences européennes
Selon une analyse d'Euronews, la guerre en Iran impose un double fardeau à l'Europe : elle doit faire face à la fois à la flambée des prix de l'énergie et à l'augmentation des risques pour la sécurité. La situation de la Hongrie est encore compliquée par le fait qu'une nouvelle crise au Moyen-Orient a également un impact sur les chaînes d'approvisionnement, alors que des efforts sont déployés pour réduire la dépendance énergétique à la Russie.
Les analystes de HVG soulèvent également des questions : le relèvement du niveau d'alerte terroriste était-il justifié et légal, et la mesure est-elle proportionnée à la menace réelle ? La réponse reste ouverte. Ce qui est sûr, c'est que Budapest cherche sa propre voie dans l'ombre de l'instabilité régionale, face au double défi de la sécurité et de l'approvisionnement énergétique.