Artemis II : la première mission lunaire habitée de la NASA en 53 ans
La NASA effectue le compte à rebours pour le lancement d'Artemis II, prévu le 1er avril. Cette mission enverra quatre astronautes autour de la Lune à bord du vaisseau Orion, marquant le premier voyage lunaire habité depuis Apollo 17 en 1972.
Le compte à rebours est lancé pour un retour historique
Plus d'un demi-siècle après le départ des derniers astronautes Apollo des environs de la Lune, la NASA s'apprête à y renvoyer des humains. L'agence a commencé son compte à rebours officiel le lundi 30 mars à 16h44 EDT, préparant le terrain pour le décollage de la mission Artemis II, prévu au plus tôt le mercredi 1er avril à 18h24 EDT depuis le complexe de lancement 39B au Kennedy Space Center en Floride.
Si tout se déroule comme prévu, la fusée Space Launch System (SLS) de 322 pieds propulsera le vaisseau Orion et son équipage de quatre personnes dans un voyage d'environ 700 000 miles (environ 1,1 million de kilomètres) autour de la Lune, d'une durée de dix jours. Il s'agira du premier survol lunaire habité depuis Apollo 17 en décembre 1972.
Un équipage de premières
La composition de l'équipage d'Artemis II est historique à plus d'un titre. Le commandant Reid Wiseman, le pilote Victor Glover et la spécialiste de mission Christina Koch représentent la NASA, tandis que le spécialiste de mission Jeremy Hansen vole pour l'Agence spatiale canadienne. Ensemble, ils briseront plusieurs barrières : Glover deviendra la première personne de couleur, Koch la première femme et Hansen le premier non-Américain à voyager au-delà de l'orbite terrestre basse.
L'équipage est entré en quarantaine le 18 mars au Johnson Space Center à Houston, puis a volé à bord d'avions T-38 jusqu'au Kennedy Space Center le 27 mars pour effectuer les derniers préparatifs. "Hé, allons sur la Lune !" a déclaré le commandant Wiseman aux journalistes à son arrivée, capturant l'enthousiasme évident de l'équipe.
Profil et objectifs de la mission
Artemis II est conçue comme un vol d'essai crucial pour le matériel qui finira par faire atterrir des astronautes sur la surface lunaire lors d'Artemis III. Après le lancement, l'équipage passera environ 24 heures en orbite autour de la Terre tout en testant les systèmes de survie et de navigation d'Orion. Le vaisseau spatial allumera ensuite ses moteurs pour entrer dans une trajectoire de retour libre autour de la Lune, passant à environ 4 100 miles (environ 6 600 kilomètres) de la surface lunaire le 6 avril avant de revenir vers la Terre.
L'amerrissage est prévu dans l'océan Pacifique près de San Diego le 10 avril. Tout au long du vol, l'équipage évaluera les systèmes de communication, l'équipement de surveillance des radiations et les procédures de pilotage manuel sur lesquels s'appuieront les futures missions Artemis.
Feux verts sur toute la ligne
La NASA ne signale aucun problème technique majeur à l'approche du compte à rebours. La fusée SLS, combinée à sa plateforme de lancement mobile et à la capsule Orion, pesant un poids considérable de 11 millions de livres (environ 5 000 tonnes), a été acheminée vers le pas de tir 39B sur un transporteur à chenilles en janvier. Les ingénieurs ont depuis effectué des tests spécifiques au pas de tir, notamment des vérifications de la connectivité des munitions sur le système de terminaison de vol et une vérification de la radiofréquence pour l'étage central et Orion.
Les prévisions météorologiques indiquent une probabilité de 80 % de conditions favorables le jour du lancement, la couverture nuageuse et les vents forts étant les principales préoccupations. Si la fenêtre du 1er avril se referme, la NASA dispose d'opportunités de secours jusqu'au lundi 6 avril. Après cela, la mécanique orbitale repousserait la prochaine tentative d'environ quatre semaines.
La voie à suivre
Artemis II est le deuxième vol du programme Artemis de la NASA, après la démonstration sans équipage Artemis I fin 2022, et une étape cruciale vers le retour des hommes sur la surface lunaire. Une mission réussie validerait les systèmes du vaisseau spatial nécessaires pour Artemis III, qui vise actuellement un atterrissage lunaire habité dès 2028.
Pour l'instant, tous les regards sont tournés vers le pas de tir 39B et un décollage mercredi soir qui promet de marquer un nouveau chapitre de l'exploration spatiale humaine, plus de cinq décennies après le dernier.