L'OCDE revoit à la baisse ses prévisions de croissance, la guerre au Moyen-Orient perturbant l'économie
Les Perspectives économiques intermédiaires de l'OCDE de mars 2026 prévoient une croissance mondiale de 2,9 %, avertissant que le conflit au Moyen-Orient a anéanti les perspectives d'une révision à la hausse, tout en poussant l'inflation du G20 à 4 % en raison de la flambée des prix de l'énergie.
Un choc énergétique compromet une trajectoire de croissance plus forte
L'Organisation de coopération et de développement économiques a averti le 26 mars que l'escalade du conflit au Moyen-Orient « met à l'épreuve la résilience de l'économie mondiale », lors de la publication de ses Perspectives économiques intermédiaires, qui prévoient une croissance du PIB mondial de seulement 2,9 % en 2026 – inchangée par rapport à ses prévisions de décembre, mais bien en deçà de la révision à la hausse qui semblait à portée de main avant l'intensification des hostilités.
Selon l'institution basée à Paris, les données préliminaires laissaient entrevoir une révision potentielle à la hausse d'environ 0,3 point de pourcentage pour 2026. Cette perspective s'est maintenant évanouie. Les prix du pétrole brut ont bondi de plus de 50 % depuis le début du conflit, en raison de la réduction des expéditions via le détroit d'Ormuz et des dommages causés aux infrastructures énergétiques essentielles.
L'inflation revient en force
La flambée des prix de l'énergie se répercute directement sur les coûts à la consommation. L'OCDE s'attend désormais à ce que l'inflation globale dans les économies avancées du G20 atteigne 4,0 % en 2026 – soit 1,2 point de pourcentage de plus que sa précédente projection – avant de retomber à 2,7 % en 2027, à mesure que les pressions énergétiques s'atténueront. Dans la zone euro en particulier, la prévision d'inflation a été relevée de 0,7 point à 2,6 %.
Le secrétaire général de l'OCDE, Mathias Cormann, a exhorté les gouvernements à ce que toute mesure d'aide énergétique soit « ciblée sur les personnes qui en ont le plus besoin, temporaire et conçue pour préserver les incitations à économiser l'énergie ». Il a également appelé à accélérer la production d'énergie renouvelable et l'efficacité énergétique afin de renforcer la résilience à long terme contre les futurs chocs de prix.
L'Europe est la plus touchée, les États-Unis soutenus par l'IA
La situation régionale est très contrastée. La prévision de croissance de la zone euro a été réduite de 0,4 point de pourcentage à 0,8 % en 2026, l'Allemagne et la France étant toutes deux ramenées à 0,8 %. La hausse des coûts de l'énergie est le principal frein, bien que l'augmentation des dépenses de défense offre un coussin partiel – que l'OCDE s'attend à soutenir un rebond à 1,2 % en 2027.
Les États-Unis, en revanche, ont bénéficié d'une modeste révision à la hausse. Sa prévision pour 2026 a été relevée de 0,3 point à 2,0 %, soutenue par de solides investissements dans l'intelligence artificielle et la technologie. Toutefois, l'OCDE a averti que le ralentissement de la croissance du revenu réel et la faiblesse des dépenses de consommation ramèneront la croissance américaine à 1,7 % en 2027.
L'économie chinoise devrait encore croître de 4,4 % cette année, puis de 4,3 % en 2027, Pékin continuant de gérer un ralentissement progressif.
Le plus grand risque : l'imprévisibilité
L'OCDE a souligné que l'évolution du conflit au Moyen-Orient reste « très incertaine » et représente le principal risque de détérioration des perspectives. Une perturbation prolongée qui maintient les prix de l'énergie à un niveau élevé au-delà de la mi-2026 éroderait davantage la croissance et retarderait le retour de l'inflation aux objectifs des banques centrales.
Les budgets des États, déjà mis à rude épreuve par des niveaux d'endettement élevés, sont confrontés à une pression croissante due aux dépenses de défense, au vieillissement de la population et aux coûts liés au climat. Le rapport a souligné que les décideurs politiques disposent de beaucoup moins de marge de manœuvre budgétaire pour absorber les chocs qu'ils n'en avaient pendant la pandémie.
Pour l'instant, l'économie mondiale tient le coup – mais de justesse. Comme l'a résumé M. Cormann : la croissance restera robuste, mais elle sera « plus lente que la trajectoire d'avant le conflit, avec une inflation nettement plus élevée ». La question de savoir si cette trajectoire va s'aggraver dépend d'événements qu'aucun prévisionniste ne peut prédire.