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Artemis II : L'humanité retourne sur la Lune pour la première fois depuis 1972

La NASA a fixé la date du 1er avril 2026 pour le lancement d'Artemis II, qui enverra quatre astronautes dans un voyage de retour libre de 10 jours autour de la Lune, marquant la première mission habitée dans l'espace lointain depuis plus de 50 ans.

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Redakcia
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Artemis II : L'humanité retourne sur la Lune pour la première fois depuis 1972

Un demi-siècle d'attente

Pour la première fois depuis qu'Apollo 17 a touché la surface lunaire en décembre 1972, des êtres humains sont sur le point de s'aventurer vers la Lune. La NASA a officiellement ciblé le 1er avril 2026 pour le lancement d'Artemis II, une mission de 10 jours qui enverra quatre astronautes sur une vaste trajectoire de retour libre autour de la Lune et de retour vers la Terre, comblant ainsi un fossé de 54 ans dans l'exploration habitée de l'espace lointain.

La fenêtre de lancement s'ouvre à 18h24, heure de l'Est, depuis le Kennedy Space Center en Floride. Si les conditions météorologiques ou techniques empêchent un décollage le 1er avril, six fenêtres supplémentaires sont disponibles jusqu'au 6 avril, avec une dernière option de secours le 30 avril.

L'équipage : Une liste de premières historiques

L'équipage de quatre personnes de la mission revêt un poids symbolique considérable. Le commandant Reid Wiseman, le pilote Victor Glover et la spécialiste de mission Christina Koch représentent la NASA, tandis que le spécialiste de mission Jeremy Hansen vole pour l'Agence spatiale canadienne.

Glover deviendra la première personne de couleur à voyager à proximité de la Lune ; Koch la première femme à atteindre l'espace lointain ; et Hansen le premier non-Américain à s'aventurer vers la Lune. Hansen effectue également son premier vol spatial. Koch, qui a passé 328 jours à bord de la Station spatiale internationale en 2019, un record pour le plus long vol spatial unique effectué par une femme, apporte une expérience d'endurance inégalée à la mission.

Ce que la mission va réellement faire

Artemis II ne se posera pas sur la Lune. Au lieu de cela, Orion suivra une trajectoire de retour libre, passant à environ 8 000 kilomètres au-delà de la face cachée de la Lune avant que la gravité ne renvoie le vaisseau spatial vers la Terre. L'équipage voyagera plus loin de la Terre que tous les humains dans l'histoire, rentrant dans l'atmosphère à environ 40 000 km/h, un test crucial du bouclier thermique d'Orion, avant d'amerrir dans l'océan Pacifique au large de San Diego.

Les objectifs de la mission reflètent fidèlement ceux d'Apollo 8 en 1968 : vérifier que les systèmes de survie, de navigation et de propulsion du vaisseau spatial fonctionnent de manière fiable avec des humains à bord, ouvrant ainsi la voie à une future tentative d'atterrissage.

Obstacles techniques avant le décollage

La route vers le 1er avril n'a pas été sans embûches. Lors des répétitions générales en février, les ingénieurs ont détecté une fuite d'hydrogène persistante au niveau d'une interface de mât de service, attribuée à l'humidité dans un joint en téflon. Les contrôleurs ont été contraints d'interrompre le compte à rebours à deux reprises et de vidanger la fusée. Bien que la fuite ait été stabilisée dans des limites acceptables, elle n'a jamais été complètement éliminée.

Un coup plus dur a été porté après la répétition du 19 février : les équipes ont découvert un joint d'hélium défectueux dans la section de déconnexion rapide où les conduites au sol alimentent l'étage de propulsion cryogénique intérimaire. La NASA a ramené l'ensemble de la pile SLS dans le Vehicle Assembly Building pour les réparations. Les techniciens ont remplacé le joint défectueux, et un vote unanime lors d'un examen formel d'évaluation des risques a autorisé l'équipage à voler.

La fusée devrait être ramenée sur le pas de tir 39B fin mars.

La vue d'ensemble : En route vers un atterrissage lunaire

Une Artemis II réussie ouvre la voie à d'éventuels pas sur la Lune, bien que le calendrier ait changé. La NASA a restructuré la mission Artemis III, maintenant prévue pour 2027, afin de se concentrer sur les tests de rendez-vous et d'amarrage en orbite terrestre basse avec les atterrisseurs Starship HLS de SpaceX et Blue Moon de Blue Origin, plutôt que sur un atterrissage lunaire. Le premier atterrissage habité américain sur la Lune depuis 1972 est maintenant prévu avec Artemis IV au début de 2028.

Pour l'instant, le 1er avril représente quelque chose de plus simple et de profond : l'humanité qui revient, même brièvement, dans le voisinage de la Lune.

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