Économie

Ryanair supprime 1,2 million de sièges en Espagne régionale

Ryanair ferme sa base à Saint-Jacques-de-Compostelle, supprime tous les vols vers les Asturies et Vigo, et réduit sa capacité dans d'autres aéroports régionaux espagnols pour l'été 2026, attribuant cette décision à l'augmentation des redevances aéroportuaires d'Aena.

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Redakcia
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Ryanair supprime 1,2 million de sièges en Espagne régionale

La plus forte réduction de capacité dans l'Espagne périphérique

Ryanair a confirmé une réduction de 1,2 million de sièges dans les aéroports régionaux espagnols pour la saison estivale 2026, ce qui représente une baisse de 10 % par rapport à l'année précédente. Cette mesure s'ajoute au million de sièges déjà supprimés pendant l'hiver 2025-2026, portant le total cumulé à près de trois millions de sièges perdus dans l'Espagne régionale.

La compagnie aérienne irlandaise a définitivement fermé sa base d'opérations à Saint-Jacques-de-Compostelle, où elle maintenait deux avions, et a supprimé la totalité de ses vols à destination des aéroports des Asturies et de Vigo. De plus, elle a considérablement réduit sa capacité à Santander (38 % de moins), Saragosse (45 % de moins) et supprimé les liaisons avec Tenerife Nord.

Aena et les redevances : le cœur du litige

Ryanair attribue cette décision à l'augmentation des redevances aéroportuaires imposées par Aena, le gestionnaire aéroportuaire public qui opère en situation de monopole. Pour 2026, Aena appliquera une hausse de 6,5 %, portant la redevance moyenne à 11,03 euros par passager, un niveau que la compagnie aérienne considère comme "injustifiable" dans les aéroports régionaux à faible taux d'occupation.

Selon le communiqué officiel de Ryanair, la compagnie a présenté au gouvernement espagnol et à Aena deux plans de croissance qui auraient permis d'augmenter le trafic de passagers de 40 % pour atteindre 77 millions par an en 2030, mais les deux propositions ont été rejetées. La compagnie aérienne s'en prend également aux amendes pour les bagages à main impulsées par le ministre de la Consommation, Pablo Bustinduy, qu'elle qualifie d'"illégales".

Impact sur la connectivité régionale

La fermeture de la base de Saint-Jacques-de-Compostelle implique le retrait de deux avions et la perte d'un investissement évalué à 200 millions de dollars pour la Galice. Dans la capitale galicienne, seules cinq liaisons subsisteront avec des fréquences réduites : Tenerife Sud, Valence, Lanzarote, Londres et Séville. Des villes comme Vigo, les Asturies, Jerez et Valladolid se retrouvent sans aucune liaison opérée par Ryanair.

L'impact sur la connectivité aérienne des régions périphériques préoccupe particulièrement les communautés concernées. Des centaines de milliers de passagers dépendent de ces liaisons à bas coût pour se déplacer tant à l'intérieur de l'Espagne que vers des destinations européennes.

Ryanair redirige sa capacité

La compagnie aérienne a annoncé qu'elle transférerait les avions retirés des aéroports régionaux espagnols vers des marchés qu'elle considère comme plus compétitifs. La capacité sera réaffectée à de grands aéroports comme Madrid, Barcelone, Palma de Majorque et Malaga, ainsi qu'à des destinations internationales en Italie, au Maroc, en Croatie, en Albanie, en Hongrie et en Suède.

Cette stratégie n'est pas exclusive à l'Espagne : Ryanair a annoncé des réductions similaires au Portugal, en Allemagne, en France et en Belgique, citant toujours l'augmentation des redevances aéroportuaires et des taxes environnementales comme facteur déterminant.

Aena répond : "chantage" et "malhonnêteté"

Le président d'Aena, Maurici Lucena, a qualifié la stratégie de communication de Ryanair d'exercice de "malhonnêteté" et de "chantage" destiné à obtenir des avantages économiques. De son côté, le vice-président exécutif Javier Marín a défendu que le système aéroportuaire espagnol ne peut pas être conçu "sur la base des critères à court terme" d'une seule compagnie, reconnaissant comme "licites" les critères opérationnels de la compagnie aérienne, mais soulignant l'importance stratégique du réseau aéroportuaire national.

La lutte entre Ryanair et Aena place au centre du débat une question embarrassante : qui garantit la connectivité aérienne des régions qui en ont le plus besoin ?

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